Le 2 avril dernier, notre réseau occitan s’est réuni pour une journée d’atelier collectif dédié à la prospective. L’enjeu est de taille : nourrir les réflexions du prochain Congrès national Coorace, sur le thème de l’IAE de demain.
Loin d’être une réflexion réservée à une « élite » fédérale, ce projet s’inscrit dans une communauté soudée où chaque adhérent, par son ancrage local, contribue à forger notre plaidoyer commun et consolider la raison d’être de notre champ d’intervention.
Ce sont les SIAE qui ont fait l’IAE, et non l’inverse
En revisitant d’abord leur « ligne de vie », les SIAE présentes ont dressé un constat de départ : l’IAE n’est pas le produit de politiques descendantes, mais l’œuvre de SIAE, tant celles pionnières que leurs héritières. De l’émergence militante des années 70 à l’actuel effet ciseaux entre décroissance budgétaire et forte institutionnalisation, en passant par une phase de consécration née de politiques volontaristes, les SIAE ont toujours été le rempart face aux crises. Cette rétrospective a montré que la force du réseau réside dans sa capacité à faire bloc et à rester les artisans acharnés du droit au travail des personnes précarisées et par là, de leur pleine contribution à la vitalité de leur territoire.
Oser prendre de l’envergure et se penser en ensemblier de services au territoire
Les participant·es de l’atelier ont identifié un principe fort de développement de leur structure autour de la mission IAE. Cette dernière n’est plus à envisager comme tout le squelette de leurs services mais comme leur colonne vertébrale. En effet, face aux scénarios de crise (inflation, baisse des dotations, changement climatique, conflits internationaux), les SIAE ne veulent pas se laisser enfermer dans un rôle d’opérateur de placement dans l’emploi. L’objectif est d’oser la fonctionnalité territoriale : devenir des start-ups de territoire capables d’intervenir sur différentes expressions -sociales, économiques, environnementales- de la cohésion sociale quand celle-ci se trouve « en panne ». Il s’agit de faire reconnaître et financer ce que très souvent les SIAE font déjà ou désirent faire : rendre différents services au bénéfice de la collectivité.
Se réapproprier le projet politique de l’IAE pour en faire un bien commun
Ensemble aux côtés de leur réseau Coorace, les SIAE présentes ont alors envisagé l’avenir de notre modèle comme devant passer par la désinstitutionnalisation de nos pratiques afin de reprendre la main sur notre projet politique. C’est en desserrant cet étau et en explorant l’inter-ministérialité, par exemple auprès de l’Aménagement du Territoire ou de l’Industrie, que nous pourrons ré-inventer la part institutionnelle de nos actions sans nous y réduire. Cette approche, couplée à celle de la valorisation des effets utiles des SIAE sur leur territoire, affirmerait alors l’IAE comme un bien commun. Cette reconnaissance se joue aussi bien à l’échelle nationale, en tant que modèle déjà salué pour sa performance et son faible coût**, qu’à l’échelle locale, par l’intérêt sans cesse renouvelé que les salarié.es en parcours, les entreprises et les partenaires trouvent à faire appel aux services de leur SIAE de proximité.
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* Le Congrès se tiendra à Lyon, les 26 et 27 novembre 2026. Toutes les structures adhérentes à Coorace y sont les bienvenues. Pour plus d’information, contactez-nous !
** Cf. L’insertion des chômeurs par l’activité économique : une politique à conforter, rapport de la Cour des Comptes, 15/01/2019.