Il y a des journées de travail qui font avancer sur un référentiel en cochant des cases. Et puis il y a celles qui font bouger les cases tout en avançant sur un référentiel.
Le 18 juin dernier, les sept SIAE du collectif de travail CAP RSE de Coorace Occitanie se sont retrouvées pour une 2ème journée de regroupement sur trois critères du chapitre 2 du référentiel : développement RH, dialogue social et lutte contre les discriminations.
Un Plan de Développement des Compétences et un dialogue social « pour tous·tes »
Le travail sur le Plan de Développement des Compétences a rapidement débordé le seul recensement de formations : comment identifier les besoins sans décider à la place des personnes concernées ? Comment articuler aspirations individuelles, prise en compte du travail réel et orientation stratégique de la structure ? Les échanges ont conduit les participant·es à explorer la large notion du développement des compétences, intégrant salarié·es en parcours, bénévoles et dynamiques d’organisation apprenante, tout en valorisant des pratiques déjà présentes mais rarement identifiées comme telles. Cela a permis aussi de mieux envisager comment prolonger les effets d’une formation vers les changements escomptés en interne.
Même déplacement du côté du dialogue social. Derrière les réunions opérationnelles, les temps informels, la convivialité arrachée aux urgences ou les instances réglementaires parfois sous-investies, une vraie question est apparue : qui peut réellement parler de son travail et produire des effets sur son organisation ? C’est à cette condition que le dialogue social peut donner envie de s’y impliquer. Son articulation avec la démarche de Lutte Contre les Discriminations est ensuite venue titiller l’inventivité là où une lassitude pouvait poindre : se doter d’un dialogue social vivant, c’est considérer les salarié·es en parcours comme des collègues et envisager autrement leur place et leur contribution au quotidien.
« On n’a pas le cahier des charges de l’inclusion » mais les leviers d’action sont déjà là
Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de gouvernance associative. Il s’agit aussi de gouvernance du travail. Par là, les participant·es ont touché du doigt une idée souvent implicite dans l’IAE : accompagner des personnes n’implique pas nécessairement de construire avec elles les réponses qui les concerne. Cette nuance est de taille quand une SIAE engagée dans une démarche RSE souhaite aménager son cadre institutionnel de l’insertion vers une perspective d’inclusion, qui reste largement à définir. Les SIAE se retrouvent alors dans une position singulière : non seulement mettre en œuvre des politiques publiques, mais aussi contribuer à imaginer leurs évolutions.
Même si la journée a parfois amené à des questions « qui piquent », elle a aussi révélé des savoir-faire, des démarches et des supports de travail déjà pertinents, à soutenir, enrichir et partager. Plusieurs structures ont décidé de poursuivre leurs échanges au-delà du collectif.
Ainsi, lorsqu’elle est prise au sérieux, la RSE ne produit pas seulement des plans d’action mais des débats, de la coopération et des idées neuves en faveur de l’inclusion.