Dans la continuité des orientations fixées pour l’année 2025, l’exercice 2026 s’inscrit dans un renforcement du pilotage par la qualité. Celui-ci se traduit, en premier lieu, par une attention accrue portée aux sorties vers l’emploi et la formation, et plus particulièrement aux sorties vers l’emploi durable, qui constituent l’indicateur central d’appréciation de l’efficacité des parcours d’insertion.
Pour notre réseau d’adhérents, voici le décryptage complet des chiffres clés, des mécanismes de répartition départementaux et des priorités doctrinales fixées par l’État.
Un budget régional en légère hausse, mais des réalités départementales hétérogènes
À l’échelle de l’Occitanie, l’enveloppe budgétaire globale de l’État allouée à l’IAE progresse très légèrement pour atteindre 84 323 312 € en 2026, soit une hausse marginale de +0,57 % par rapport aux 83 845 421 € de 2025.
Quatre départements connaissent une hausse de leur budget, tandis que les neuf autres font face à des baisses plus ou moins marquées.
Le mécanisme de répartition de la DREETS vers les DDETS/DDETSPP
Le calcul des enveloppes départementales par la DREETS n’obéit plus à une simple reconduction des historiques. La répartition s’appuie désormais sur :
- Une base fixée d’emblée à 97 % des montants conventionnés de l’année précédente (2025).
- Une pondération au mérite (Bonus) :
- La performance de consommation : Les départements vertueux qui optimisent leurs enveloppes reçoivent un abondement. À titre d’illustration, l’Aude a bénéficié d’un bonus de +62 359 € grâce au meilleur taux de consommation national (99,92 %).
- Le MIX IAE : valorisation d’un équilibre entre les différents modèles de structures (SIAE), notamment le poids des Ateliers et Chantiers d’Insertion (ACI).
- Un rééquilibrage territorial : un levier correctif pour réaligner les dotations sur la réalité démographique des publics en situation de précarité.
Le bénéfice du rééquilibrage territorial : qui sont les départements gagnants ?
Ce principe de “rééquilibrage territorial” vise à faire converger la part du budget allouée à un département avec le pourcentage régional de demandeurs d’emploi et de personnes prioritaires résidant sur son territoire.
Les départements bénéficiaires : les territoires où la part des publics cibles était historiquement sous-dotée par rapport à l’enveloppe budgétaire.
Exemple : la part « public » régionale de l’Hérault est de 22,2% mais la part allouée des crédits régionaux en 2025 était de 15,2%. L’enveloppe est augmentée en 2026 de 4,19% pour amener la part des crédits régionaux à 15,8%.
Cet objectif de rééquilibrage territorial sera pluriannuel.
Tableau récapitulatif des enveloppes IAE 2026 par département :
| Département | Budget 2026 (€) | Évolution 2025-2026 (%) | Part des crédits régionaux 2026 |
| Haute-Garonne | 14 515 260 € | +3,21 % | 17,2 % |
| Hérault | 13 307 227 € | +4,19 % | 15,8 % |
| Gard | 9 459 925 € | +2,50 % | 11,2 % |
| Pyrénées-Orientales | 9 015 686 € | +0,28 % | 10,7 % |
| Aude | 8 145 493 € | -2,15 % | 9,7 % |
| Tarn | 6 525 440 € | -2,68 % | 7,7 % |
| Hautes-Pyrénées | 4 765 335 € | -2,73 % | 5,7 % |
| Ariège | 4 562 414 € | -1,74 % | 5,4 % |
| Gers | 4 261 860 € | -2,27 % | 5,1 % |
| Tarn-et-Garonne | 4 195 545 € | -1,60 % | 5,0 % |
| Lot | 2 275 004 € | -0,12 % | 2,7 % |
| Aveyron | 2 470 593 € | -0,57 % | 2,9 % |
| Lozère | 823 531 € | -0,90 % | 1,0 % |
| TOTAL OCCITANIE | 84 323 312 € | +0,57 % | 100,0 % |
Les priorités doctrinales de pilotage de la DREETS pour 2026
Au-delà des lignes budgétaires, la feuille de route doctrinale de la DREETS Occitanie s’aligne sur la trajectoire nationale. Trois priorités guident le pilotage de cette année :
Le ciblage des publics prioritaires
Les orientations nationales précisent au-delà du respect strict des critères d’éligibilité, les publics prioritaires suivants :
- Bénéficiaires du RSA,
- Personnes en précarité de logement,
- Demandeurs d’emploi de très longue durée,
- Publics très éloignés (PHC, CVG, TAPAJ),
- Personnes sous main de justice.
En Occitanie, la DREETS précise une attention renforcée concernant :
- Les bénéficiaires du RSA (BRSA),
- Les étrangers primo-arrivants (EPA),
- Les publics accompagnés par les acteurs de l’accueil, de l’hébergement et de l’insertion (AHI).
Les liens avec les entreprises « classiques »
L’évaluation de la performance des SIAE reposera également sur leur capacité à projeter les salariés vers le milieu ordinaire. Les attentes de l’État se déclinent ainsi :
- Multiplier les immersions (PMSMP) et les parcours partagés.
- Les SIAE sont attendues dans la mise en œuvre de démarches structurées visant à intégrer pleinement l’entreprise dans les parcours d’insertion : développement et consolidation des actions favorisant la mise en relation avec les employeurs, telles que les dispositifs d’intermédiation et d’accompagnement vers l’emploi, en particulier les programmes ZEST et SEVE.
- La DREETS évoque également le déploiement à venir d’une stratégie régionale de la clause sociale afin de développer les opportunités pour les SIAE autour de la commande publique.
L’accompagnement de Coorace Occitanie
Face à ces mutations, Coorace Occitanie reste pleinement mobilisé aux côtés de ses adhérents. Nous continuerons à porter la voix des structures de l’économie sociale et solidaire au sein des instances de gouvernance et à vous outiller pour répondre au mieux à ces nouvelles exigences doctrinales : amélioration continue (CAP RSE), ZEST, commande publique, coopérations territoriales…
Pour toute question sur la déclinaison de ces enveloppes dans votre département ou pour un appui technique sur vos dialogues de gestion, n’hésitez pas à solliciter l’équipe de la délégation régionale.