À Chorus, association intermédiaire engagée dans l’amélioration continue, la Commission des Salarié·es en Parcours (CSEP) et l’enquête de satisfaction annuelle permettent aux salarié·es en parcours de parler de leur travail au quotidien. Construite chaque année avec leurs représentant·es, l’enquête ne se limite pas à mesurer la satisfaction : elle fait émerger des sujets concrets et les transforme en actions. Retour sur une démarche qui s’est construite dans la durée.

Chorus est inscrit de longue date dans les démarches d’amélioration continue de Coorace, dont l’expérimentation fédérale de Participation des Salarié·es à la Vie de l’Entreprise (PSVE) et l’association a progressivement construit les conditions d’une participation effective des salarié·es, permanent·es comme en parcours.

La Commission des Salarié·es en Parcours (CSEP), rattachée au CSE, en est aujourd’hui une instance essentielle. Mais il a fallu plusieurs années pour qu’elle devienne un véritable espace de dialogue sur le travail quotidien. Les premières élections du CSE, en 2019-2020, avaient notamment montré la difficulté à faire émerger des candidatures de salarié·es en parcours. À partir de 2022, la commission s’est progressivement installée, jusqu’à contribuer aux élections suivantes et à l’implication de nouveaux·elles représentant·es.

Le constat de Chorus est simple : il faut du temps pour s’acculturer au dialogue social

Et surtout, il faut que les salarié·es en parcours puissent y trouver une place directe en tant que représentant.es de leurs collègues, sans leur transférer toute la charge administrative de l’instance. À la CSEP, les personnes viennent avant tout parler de leur travail, de ce qui fonctionne, de ce qui met en difficulté et de ce qui pourrait être amélioré. Ces échanges ont notamment permis de travailler sur l’accueil et l’intégration des nouvelles recrues en pass IAE, la prévention des risques professionnels en mise à disposition, les relations avec les donneurs d’ordre ou encore les modalités précises des missions.

L’enquête de satisfaction pour faire concorder des sujets de travail comme sujets légitimes de dialogue social

L’enquête annuelle auprès des salarié·es en parcours constitue l’un des canaux de cette remontée de terrain, recherchée par Chorus. L’enquête est élaborée et révisée chaque année avec la CSEP : les représentant·es des salarié·es en parcours contribuent à déterminer les questions qui méritent d’être posées sans tabou.

L’enquête ne sert donc pas seulement à mesurer un niveau de satisfaction. Elle ouvre des sujets qui peuvent être difficiles à formuler spontanément et signifie qu’ils peuvent être discutés à Chorus. Les résultats sont ensuite repris collectivement pour identifier ce qui nécessite d’être approfondi ou amélioré, en plan d’actions qualité.

En 2025, 68 salarié·es sur 106 ont répondu. Si les résultats témoignent d’une satisfaction globale élevée, ils font aussi apparaître des sujets très concrets : manque de matériel chez certains clients, informations parfois insuffisantes sur les missions, nécessité de renforcer la mise en relation avec les donneurs d’ordre ou encore le suivi des plannings.

L’enquête est intéressante car elle ne clôt pas la discussion, elle la déclenche

Les remontées des salarié·es sont croisées avec d’autres espaces : bilans avec les CIP, temps conviviaux de pause-café, échanges en CSEP, boîte à idées… Elles peuvent ensuite conduire à revoir un mode opératoire, à mieux préparer une mise à disposition, à renforcer les équipements ou à renouer le dialogue avec un donneur d’ordre.

À Chorus, la satisfaction est moins un indicateur à afficher qu’un point d’appui pour faire circuler la parole et travailler sur le réel, démontrant par là qu’un dialogue social vivant se consolide dans la durée, à condition de donner aux personnes des occasions concrètes de parler du travail et de montrer que cette parole produit quelque chose.